Ce matin, au 7-9 d’Inter, j’écoutais les résultats des débats de la nuit sur le projet de loi DADVSI. En clair, à part que le débat est remis à janvier, je ne suis pas certain de ce qu’il faut en conclure.
Effectivement, un amendement allant vers un système de taxe a été voté. Mais le mystère reste entier. Quid du reste de la loi ? Quid de cette taxe et de son calcul ? Qui va la payer ? Comment va t’elle être redistribuée ? Par la SACEM ? Comment cela remet-il en cause les systèmes de vente en ligne de musique ? Quel intérêt d’acheter des CDs à la FNAC qui, de toute façon n’a pas le disque que vous cherchez en rayon car elle ne distribue pas de disque mais vend de l’espace publicitaire : vous voulez votre disque en présentoir ? Alors payez … c’est la politique de la maison.
Mais je dérive.
Ce qui m’a surpris (non, ce n’est pas vrai … c’est plutôt ce que je craignais, en fait) c’est l’interprétation jusque sur Slashdot de ce débat et du vote de cet amendement : La France légalise les échanges gratuits de musique et de films sur Internet ! Je ne cite que Slashdot mais je pourrais aussi citer La Montagne (là, je suis en Auvergne dans ma famille, fêtes de Noël oblige, et la PQR, ici, c’est le journal La Montagne, voyez vous ?) ou l’AFP …
Qu’est-ce que ça change ? D’un côté les propositions du projet de loi sont une insulte au auteurs de tout ordre ; comme d’habitude depuis 1957 (la loi actuelle sur le droit d’auteur), toutes les modifications à la législation ont été faites dans le sens des éditeurs et producteurs contre les auteurs … De l’autre, on nous propose une taxe sur les connexions au Net qui sera gérée par qui ? Reversée à qui ? Perçue par qui ? En fonction de quoi le montant sera t’il décidé ? Quels seront les critères de reversement ? etc, etc … Bref, on voit poindre une nouvelle taxe injuste (la même pour tous … quelque soit l’usage, quelque soient les revenus des personnes et avec peut de moyen de contrôle) alors qu’on attendait une évolution des pratiques et des règles pour en faveur des auteurs et des utilisateurs.
En quoi une telle taxe répond t’elle à la réalitée économique de l’industrie des loisirs et des ouvriers de cette industrie (les auteurs) ? J’ai plutôt l’impression d’une réponse bâclée et facile au projet DADVSI …
Bien entendu, je n’ai rien à sortir de mon chapeau comme proposition … mais tout de même, je trouve ça … un peu court, jeune homme … on aurait pu dire, bien des choses en somme, en variant le ton …
En tout cas, ce débat de la nuit passée et cet amendement restent une jolie baffe sur la joue rose du Ministre de sa majesté l’industrie de la culture (on dit comme ça maintenant, non ?), des lobbyste qui sont derrière lui et du reste du gouvernement qui espéraient tous nous faire passer ça entre deux bouchées de dinde aux marrons le tout dans la hotte d’un père Noël aux couleurs Coca Cola (ben oui, le père Noël rouge, c’est le fabricant de soda …). Mais, pour réfléchir à une vraie contre proposition et casser quelques mythes qui traîneraient au fond de votre fébrile cervelle, allez relire l’excellent article de Wired : The Long Tail ou encore l’une de ses traduction dans notre langue sur Internet Actu ou encore les discussions et évolutions à partir de cet article sur CraoWiki. The Long Tail décrit la réalité de l’industrie musicale aujourd’hui et son évolution. Plus généralement, il décrit l’évolution des marchés de masse vers les marchés de niche permise par Internet, le commerce électronique et la vente en ligne.

